
Mila est une jeune lycéenne de 16 ans passionnée de chant. Le 18 janvier dernier, elle échangeait en direct avec ses « abonnés » sur Instagram. A cette occasion cette jeune fille, ouvertement lesbienne, se fait draguer par un garçon qu’elle éconduit. Il réagit avec violence, la traite de raciste et d’islamophobe et incite d’autres internautes à l’agresser et l’insulter sur le réseau social.
Le lendemain, Mila répond aux insultes sur son compte Instagram avec les mots d’une adolescente de 16 ans désormais cyberharcelée : « Je déteste la religion. Le Coran est une religion de haine. Il n’y a que de la haine là-dedans. L’islam, c’est de la merde. Je ne suis pas raciste, on ne peut pas être raciste d’une religion (…) J’ai dit ce que j’en pensais, j’ai totalement le droit, je ne regrette pas du tout, vous n’allez pas me le faire regretter. Là y’a encore des gens qui vont s’exciter, j’en ai clairement rien à foutre. Je dis ce que je veux, ce que je pense. Votre religion, c’est de la merde. Votre dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. »
Mila reçoit alors plus de 200 messages de haine à la minute. Elle est menacée de mort, de viol, d’égorgement… Son lycée ayant été publiquement identifié, elle doit être déscolarisée et craint pour sa vie.
Le délégué général du Conseil français du Culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, déclare quant à lui sur une radio nationale : « Qui sème le vent récolte la tempête », « Elle l’a cherché, elle assume ». Autrement dit, il approuve implicitement les menaces dont elle est l’objet !
« J’ai moins peur des extrémistes religieux que des laïques qui se taisent » disait Charb, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, en 2012.
Alors il est de notre devoir de Laïques de rappeler à tous et à chacun, que dans notre République, le délit de blasphème n’existe pas.
On peut critiquer les religions, comme n’importe quelle autre idéologie, idée ou pensée. En revanche, on ne peut insulter les personnes. C’est la loi. Et ceux qui profèrent insultes et menaces doivent en revanche en subir les conséquences judiciaires.
Pour être bien clair, reprenons ce que nous dit le philosophe Henri Pena Ruiz : « Nous avons le droit d’être islamophobe, athéophobe ou catholicophobe. Mais nous n’avons pas le droit de rejeter quelqu’un du fait de sa religion ou de son humanisme athée. Autrement dit, quand une personne est mise en cause comme telle (le juif comme juif, l’arabe comme arabe, le musulman comme musulman), la ligne rouge est franchie et c’est du racisme. En revanche, dans l’État de droit, il est permis de critiquer et de rejeter une religion ou d’en faire l’éloge, de même que pour l’athéisme. Cela relève de la liberté. C’est affaiblir la lutte nécessaire contre le racisme que d’appeler racisme ce qui ne l’est pas.
Ce qui est clair, c’est que les chefs religieux utilisent souvent cela pour suggérer que toute atteinte à la religion est une atteinte à l’être. Mais ce ne serait pas rendre service à ceux qui sont victimes de cette confusion que de valider cela.
La récente campagne de haine à l’encontre de la jeune lycéenne Mila visant à rendre caduque ces libertés fondamentales de notre République est particulièrement inacceptable. Il n’est pas question ici de souscrire ou de ne pas souscrire aux propos que cette jeune femme a tenus, mais bien de défendre avec force et vigueur l’inaliénable liberté que chaque citoyen de la République française a de pouvoir s’exprimer et de pouvoir critiquer une religion, quelle qu’elle soit. »
Affaire Mila (suite)…
Alors que les menaces de mort adressées à la jeune Mila justifiaient l’ouverture d’une enquête par le parquet de Vienne, Isère, ce dernier avait aussi cru bon d’en ouvrir une, à l’encontre de la jeune fille, pour « provocation à la haine » raciale !
Cette enquête, ouverte pour « provocation à la haine à l’égard d’un groupe de personnes, à raison de leur appartenance à une race ou une religion déterminée », a logiquement (et fort opportunément) été classée sans suite par le parquet de Vienne.
Le fait même qu’elle ait été ouverte est néanmoins déjà extrêmement inquiétant pour nos libertés publique.
Pire encore, la prise de position ahurissante de la ministre de la justice, garde des sceaux, Nicole Belloubet. Invitée à donner son avis sur cette affaire, elle a estimé que l’insulte contre une religion était « évidemment une atteinte à la liberté de conscience ». Elle a rapidement « rétropédalé » en reconnaissant que son « expression a pu être maladroite » et en réaffirmant qu’on a « le droit de critiquer la religion ».

Blasphème, quand tu nous tiens…
Le dictionnaire Larousse définit le blasphème comme une « parole ou un discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme respectable ou sacré ».
Dans certains pays, le blasphème est codifié juridiquement, et puni par la loi… y compris de la peine de mort dans plusieurs pays musulmans (Pakistan, Iran, Mauritanie, Arabie Saoudite, …).
En France, le délit de blasphème a existé jusqu’à son abrogation par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. En revanche, en Alsace et Moselle – qui étaient allemandes au moment du vote de la loi – il a fallu attendre 2016 pour que l’article 166 du code pénal local soit abrogé, bien qu’il n’ait jamais été appliqué depuis la réintégration des trois départements en 1919 (Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle).
Autrement dit, en France aujourd’hui on est libre de dire ce que l’on veut des idéologies, des dogmes et des religions.
Pour protéger Mila : https://www.change.org/p/marl%C3%A8ne-schiappa-protection-polici%C3%A8re-pour-mila-16-ans-en-danger-de-mort-pour-avoir-critiqu%C3%A9-l-islam






