Communiqué de presse du Laboratoire Loiret de la Laïcité du 4 septembre 2018
Le Laboratoire Loiret de la Laïcité dénonce l’ouverture d’une nouvelle école privée hors contrat dans l’agglomération d’Orléans
La presse s’est fait l’écho de l’ouverture d’une « école » du groupe « Espérance banlieues » à Olivet, dans la zone d’activités mitoyenne de La Source.
Ce type d’établissement, comme la plupart des écoles hors contrat, ne répond à aucune des exigences pédagogiques de l’éducation nationale, malgré les affirmations du groupe selon lesquelles il assure garantir « le respect du socle commun des connaissances fixé par la loi » et déclare favoriser « le développement d’écoles indépendantes au cœur des quartiers en grande urgence éducative. »
Le LLL s’interroge sur l’urgence éducative en question, s’agissant des communes d’Olivet et d’Orléans… sauf à vouloir simplement discréditer l’école publique.
Autre argument massue asséné sur le site du groupe : le recrutement d’un « personnel spécialement formé et motivé pour enseigner en banlieue ». Ce qui doit certainement être le cas du directeur de la structure en question, très jeune (31 ans) « ancien cadre de chez Bouygues » ? On connaissait la connexion de cette entreprise de BTP avec l’audiovisuel. Elle s’étendrait désormais à l’éducation, avec une spécialité dans « l’urgence éducative ». On peut d’ailleurs légitimement s’interroger sur le respect du critère désormais imposé par la loi, exigeant des chefs d’établissements scolaires hors contrat une expérience d’au moins cinq ans d’encadrement ou d’enseignement !
Quoi qu’il en soit, on voit bien que la motivation de ce type de démarche n’est pas celle affichée.
Il s’agit, ni plus, ni moins, de mettre en cause le principe de l’école républicaine, laïque, gratuite et obligatoire. Et même si les promoteurs de ces écoles hors contrat s’en défendent, elles servent aussi d’alibi à la re-confessionnalisation des élèves.
Que ce soient des écoles musulmanes ou catholiques (plus ou moins intégristes, comme les tenants de la « Manif pour tous » dont sont manifestement proches les responsables de la « Fondation pour l’école » à laquelle appartient Espérance banlieues), elles ont bien comme objectifs de ramener dans le giron des religions, les consciences des enfants… alors que, justement, la vocation de l’école républicaine est de leur permettre une véritable émancipation, pour leur remettre de devenir des citoyens libres de leurs choix.
Le journal Le Monde le rappelait dans un article récent : « Un rapport rédigé en 2016 par l’académie de Versailles à la suite de contrôles inopinés dans une trentaine d’écoles (hors contrat) avait révélé qu’aucune des écoles inspectées n’enseignait le socle commun de connaissances. Paradoxalement, ce que soulignait aussi ce rapport, c’était le manque d’initiative laissée aux élèves, alors qu’une grande partie de ces écoles affirment laisser une plus grande place à l’enfant, grâce à des classes plus petites et à une pédagogie adaptée. »
Il faut aussi que les parents sachent que la qualité des enseignements dispensés par ces écoles « venues d’ailleurs » est loin, très loin, d‘être assurée. Les témoignages des professeurs du collège de Montfermeil, qui accueillent des élèves de l’école Espérance Banlieues de leur secteur, font de la situation de ceux-ci un tableau bien loin des espérances de leurs parents, qui « regrettent mais un peu tard ».
Une autre école hors contrat devrait prochainement s’installer à Villemandeur, n’appartenant pas au même réseau, mais avec des raisons et des déclarations d’intentions proches. Là encore pas de personnel qualifié (sauf une enseignante et une « diplômée de l’école Montessori » – école autoproclamée, Maria Montessori n’ayant pas protégé son nom). Cette école a l’honnêteté de déclarer qu’elle demandera à être sous contrat au bout du délai légal de cinq ans… afin de bénéficier des subsides de l’état (c’est-à-dire nos impôts). Les « techniques Montessori » sont surtout actuellement une manne substantielle pour les éditeurs du matériel qu’elles inspirent !
Quant à l’école musulmane qui n’a pas pu s’ouvrir l’année dernière à La Chapelle St Mesmin, pour des raisons de sécurité des locaux, il est fort à parier qu’elle ne devrait pas tarder de ressurgir dans une autre commune de l’agglomération.
Elle fera sans doute davantage réagir ceux-la-même qui considèrent aujourd’hui tout à fait acceptable l’ouverture d’écoles hors contrat catholiques ou aux finalités plus « masquées ».
Le Laboratoire du Loiret de la Laïcité s’insurge contre l’ouverture de toutes ces écoles (ou pseudo-écoles) ne répondant ni à l’assurance du respect de la liberté de conscience des enfants, ni aux conditions d’enseignement par du personnel qualifié… alors qu’en « même temps » l’enseignement public a besoin de davantage de moyens pour assurer le grand service public de l’éducation nationale de notre République.





