Depuis la Révolution les actes de la vie courante des citoyens ne sont plus régis par les lois d’une église. L’état civil est désormais une prérogative des autorités civiles : enregistrement des naissances, des mariages (de toutes les formes de mariages), des unions civiles, des divorces, des décès et des cérémonies funéraires, dans des cimetières ou des crématoriums accessibles à tous…
Mais bien sûr, la Laïcité c’est surtout la possibilité d’accueillir tous les enfants au sein de l’école publique, laïque, obligatoire et gratuite, et la garantie d’un enseignement véritablement libre de toute emprise dogmatique. A l’origine et jusque sous la 4ème République, seule l’école publique bénéficiait des fonds publics. L’enseignement privé et confessionnel est aussi autorisé depuis le début de la 5ème République (Lois Debré et Guermeur), sous réserve de respecter les programmes de l’Éducation nationale pour pouvoir bénéficier des subsides de L’État ou des collectivités locales, et de plus en plus sous contrôle pour les écoles dites « hors contrat », en fonction des nombreuses dérives qui y ont été constatées (endoctrinement des enfants, méthodes pédagogiques inadaptées, modèles économiques contestables, règles d’hygiène ou sanitaires pas toujours bien respectées …).
La Laïcité, c’est aussi la garantie de l’égalité des droits (et des devoirs) de tous les citoyens devant la Loi. C’est pour cela que les agents de l’État et de ses services publics doivent avoir une attitude neutre vis-à-vis des citoyens et usagers des services. Ceux-ci, quelles que soient leurs opinions ou appartenances philosophiques, politiques ou religieuses, doivent pouvoir être traités et servis de la même façon, sans qu’ils puissent mettre en doute l’impartialité de leur interlocuteur public.
La Laïcité est encore la garantie d’une justice qui rend ses décisions au nom du peuple tout entier (et non pas d’un groupe, d’une communauté ou d’une religion) et applique les lois élaborées et promulguées par les élus de ce peuple.
Dans le domaine des sciences, la Laïcité est l’assurance de la totale indépendance de la connaissance et de la recherche scientifique, cette dernière étant soumise seulement aux lois de la société qui seules peuvent permettre la maîtrise contrôlée du progrès (loi sur la bioéthique par exemple). Rappelons-nous qu’il y a quelques siècles les églises catholiques et réformées refusaient de reconnaître l’héliocentrisme (le soleil comme centre de notre univers), qui s’opposait au dogme du géocentrisme qui plaçait la terre, « création divine » d’après la Bible, au centre de l’univers. Aujourd’hui de nombreux états musulmans ou sous influence évangélique refusent l’enseignement de la théorie de l’évolution, au prétexte qu’elle mettrait à mal la création divine, exprimée dans les « livres saints ».
Dans le domaine de la médecine, c’est le droit aux soins pour tous les individus, quelles que soient ses convictions philosophiques ou religieuses, quels que soient ses choix d’existence. C’est aussi la reconnaissance du droit de mourir dans la dignité, la libre disposition de son corps par la femme, notamment dans le choix ou le refus de la procréation, grâce à la pratique de moyens de contraception différenciés.
Dans le domaine de la culture, la Laïcité se traduit par une totale liberté d’expression artistique sous toutes ses formes, loin de tout interdit de quelque nature qu’il soit, condition nécessaire au foisonnement de la création et à l’émergence des formes nouvelles d’expression artistique.
Prochain article : Quels rapports entre laïcité et liberté, entre laïcité et égalité ?






