Alors que l’opinion publique française est désormais favorable à près de 90% à l’adoption d’une législation permettant un accompagnement de la fin de vie incluant soins palliatifs et aides à mourir lorsque les conditions édictées par la loi l’autorise, alors que 75% des membres de la Convention citoyenne sur le sujet ont conclu dans le même sens, alors que la Commission parlementaire de la précédente mandature avait déjà accompli l’essentiel du chemin législatif permettant d’y aboutir, le Premier ministre, François Bayrou, faisant primer ses convictions personnelles et celles des clergés les plus rétrogrades, cherche manifestement à retarder encore les échéances et surtout à rendre le débat totalement confus.

Son initiative visant à scinder le projet initial en deux textes distincts n’abuse personne. Le projet de loi sur les soins palliatifs recevra l’aval des factions les plus conservatrices… mais se heurtera bien évidemment au mur des finances qu’il sera bien incapable de mobiliser pour assurer un service de qualité sur tout le territoire. Quant à celui sur l’accompagnement actif à mourir, il sera reporté à la Saint Glinglin, Saint bien connu des églises et des conservateurs convaincus.
Pas sûr que la célèbre citation du « petit père Queuille » puisse ici s’appliquer sans dégâts pour notre démocratie et pour le progrès des libertés dans notre pays : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »
Au nom de la Laïcité, principe d’émancipation, d’égalité et de liberté, nous voulons qu’enfin, le droit à mourir qu’évoquait déjà dans les années 1970 le sénateur Caillavet devienne une réalité en France, comme elle l’est déjà dans de nombreux pays européens.
Comme 90% des français, le Laboratoire Loiret de la laïcité attend que la loi consacre cette ultime liberté qui doit permettre de choisir sa fin lorsqu’elle est inéluctable à court terme et que la souffrance de la vie n’a plus de sens.
Monsieur le Premier Ministre, arrêtez de finasser avec la fin de vie.






