
La République ne reconnaît qu’une communauté, celle de l’ensemble des citoyens libres et égaux. C’est elle qu’on appelle la communauté nationale.
Chaque citoyen est le fruit d’une multitude d’identités (origine, culture, religion, appartenance politique, passions, langues, choix philosophique, mode de vie, …) mais il ne peut se réduire à aucune d’entre elles exclusivement… qui revendiquerait le monopole de sa représentation.
Il ne faut pas confondre solidarité communautaire et communautarisme. Il est naturel qu’on établisse des liens privilégiés avec des personnes avec lesquelles on se sent en affinité pour des raisons politiques, syndicales, culturelles, sportives, professionnelles, géographiques, religieuses ou philosophiques.
Mais personne ne doit être contraint d’être membre d’une communauté qu’il n’a pas librement choisie et personne n’a à subir la loi d’un groupe auquel il n’a pas volontairement adhéré. De la même façon, l’appartenance à une communauté est le résultat d’un choix qui n’est ni exclusif, ni définitif. Il n’est donc pas question d’accepter un communautarisme qui donnerait à des communautés des droits particuliers et imposerait aux personnes d’être assignées à leurs origines.
La revendication souvent avancée du droit à la différence, ne peut se traduire, comme c’est souvent implicitement souhaité, par une différence des droits, dans une République où la loi est la même pour tous. Nous sommes tous différents, mais des valeurs supérieures à ces différences nous réunissent, qui sont consacrées par la République qui s’appuie sur la Déclaration (devenue universelle en 1948) des droits de l’Homme (la liberté, l’égalité et la fraternité… entre autres).
La laïcité repose sur l’idée qu’il existe une communauté humaine universelle qui intègre toutes les pratiques culturelles compatibles avec les lois de la République. Un exemple simple : le droit à l’intégrité physique de la personne. C’est en son nom que la loi exclut toute mutilation physique et par conséquent toute pratique coutumière qui l’impose, comme l’excision du clitoris.
En synthèse, on peut ainsi affirmer que :
- La laïcité est un universalisme et non pas un différentialisme. Tous les individus sont égaux en droits et en devoir devant les lois de la République. Il n’y a pas de privilèges ou de traitement particulier en fonction de l’origine, de la religion ou des choix philosophiques ou politiques.
- La laïcité est un principe d’émancipation et non pas de soumission.
- La laïcité se soucie de l’intérêt général sans compromettre l’intérêt particulier.
Prochain article : à quel titre la Laïcité autorise-t-elle la critique des religions ?





