
Discours lu lors du rassemblement « Toujours Charlie » du 10 janvier 2020, place de la République à Orléans :
» Nous sommes toujours Charlie. Nous sommes aussi la République.
Il y a cinq ans, le 11 janvier 2015, des millions de citoyens se retrouvaient dans toute la France, à Orléans, comme à Paris, pour affirmer leur solidarité avec Charlie hebdo, les morts de l’hyper casher et les policiers, tous victimes de l’obscurantisme et de la barbarie du terrorisme islamiste.
Depuis cinq ans, d’autres attentats et d’autres tueries se sont ajoutés à celle-là.
Nous n’oublions aucun mort ni aucun blessé depuis ceux de 2012 à Toulouse et Montauban.
Parce que de Charlie à la République, il n’y a qu’un chemin, celui du courage et de la liberté, toujours, nous témoignons ensemble notre attachement à cette liberté. A la liberté de conscience, à la liberté d’expression, à l’émancipation, à l’égalité des femmes et des hommes, en un mot à l’universalisme de la République française.
République française, dans laquelle la Laïcité est un principe constitutionnel.
République française dans laquelle la liberté de conscience est absolue et consacrée par la loi.
République française dans laquelle la liberté de la presse est sacrée.
République française dans laquelle le délit de blasphème n’existe pas.
République française dans laquelle le droit de se moquer, le droit d’en rire, le droit de caricaturer sont des piliers de notre civilisation.
République française dans laquelle le droit de pratiquer sa religion est aussi garanti, comme celui de n’en pas avoir, ou d’en changer…
Nous emprunterons au philosophe Henri Pena-Ruiz ces quelques dernières lignes pleines d’émotion :
« Cabu, Charb, Honoré, Bernard Maris, Tignous, Wolinski, Elsa Cayat, Mustapha Ouarad n’ont jamais confondu le respect de la liberté de croire, conquis par l’émancipation, et le respect des croyances elles-mêmes. Ils ont su qu’on peut critiquer voire tourner en dérision une religion quelle qu’elle soit, et que ce geste n’a rien à voir avec la stigmatisation d’une personne en raison de sa religion. Ils ont pratiqué la Laïcité par la liberté de leur art, sans jamais l’affubler d’adjectifs qui attestent une réticence hypocrite…
Cabu, Charb, Honoré, Bernard Maris, Tignous, Wolinski, Elsa Cayat, Mustapha Ouarad nous manquent déjà (toujours), d’une absence cruelle qui nous fait mesurer ce qu’ils apportaient à l’humanité rieuse et pensante, à la lucidité collective et à la conscience libre. Et avec eux nous manquent toutes les personnes qui ont subi cette mort aveugle, soit en s’opposant courageusement aux tueurs, comme les policiers, soit en se trouvant là par hasard ».
Et notre conclusion, sera celle de Charb lui-même. Rappelez-vous, vous qui êtes présents ici ce soir, et rappelez-le à tous les absents.
En 2012, Charb disait : « J’ai moins peur des extrémistes religieux que des laïques qui se taisent »
Alors oui, de Charlie à la République, il n’y a qu’un mot d’ordre… Je suis Charlie, je suis toujours Charlie, je suis la République. »





